Jeudi 26 juillet 2007
Abul-Alâ Al Maari dit Al Maari ou Al-Ma'arri

Luzûmiyyât

Editeur : Fayard
Collection : L'Espace Intérieur

Le présent choix de Luzûmiyyât est l'œuvre d'Adonis, autre grand poète arabe, dans un dialogue vivant avec celui qu'il considère comme un de ses maîtres. Anne Wade Minkowski, par ailleurs traductrice d' Adonis, en a assuré la version française dans un constant échange avec le poète.

Et la liberté est bien ce qui caractérise le mieux la pensée de l'auteur,  telle qu'elle court tout au long du livre. En effet, il semble à peine croyable  qu'un musulman  «orthodoxe» vivant en terre d' Islam ait pu critiquer aussi violemment  l'hypocrisie des religions, n'épargnant aucun des trois grands monothéismes, disant que «toutes les religions se valent dans l'égarement», et ailleurs : «Il n'est d'imam que la raison, notre guide de jour comme de nuit.» De même, il fustige la bêtise  de ses contemporains et la vanité des humains en général, ce qui lui a souvent valu d'être qualifié d' «agressif», d'homme «au cœur sec». Comment croire cela du poète qui a écrit : «Comme si la tristesse n'était que cendres répandues sur ton front, mais c'est ton cœur qui brûle» ?

Avant propos : Anne Wade Minkowski

Religion

«Les hommes sont poèmes récités par leur destin
Parmi eux le vers libre et le vers enchaîné,»


Réveillez-vous, réveillez-vous, ô égarés !
Vos religions sont subterfuges des Anciens.
Ils disent que le Temps mourra bientôt,
Que les jours sont à bout de souffle.
Ils ont menti – ils ignorent son échéance.
N’écoutez pas ces champions de fourberie.

Les gens voudraient qu’un imam se lève
Et prenne la parole devant une foule muette.
Illusion trompeuse – il n’est d’imam que la raison,
Notre guide de jour comme de nuit.



Peut-être dans les temples se trouvent-ils des gens
qui procurent la terreur à l'aide de versets,
Comme d'autres dans les tavernes
Procurent le plaisir.



Les lois divines ont semé parmi nous la rancune
Et nous ont apporté toutes sortes de malheurs,



Les corps vont à la poussière.
Aucun savant ne sait où va l'âme.



Malgré moi, je suis sorti en ce bas monde,
Et mon voyage est pour un monde ailleurs.
Cela malgré moi aussi, et Dieu m'en est témoin !
Suis-je prédestiné, entre ces deux mondes,
A accomplir une tâche,
Ou suis-je libre de mes choix ?



Raison - demeures laissées à l'abandon
Ignorance - solides demeures habitées.



La religion - commerce de morts.
Pour cette raison, c'est un objet invendable
parmi les vivants.



L' égaré appelle impie celui qui ne partage pas sa foi.
Malheur à lui ! Quel homme n'a pas connu l'impiété ?



Le Livre est devenu trompettes des égarés,
Et les versets, mélodies.
Ils en ont joué, puis, dans leur infamie,
Les ont agitées comme des épées
Sur l'homme paisible qui veille
Au clair de lune.



Je ne blâme pas l'athée?
Mais plutôt celui qui, craignant l'enfer,
Persiste dans sa furie.



La raison ne peut que s'étonner des lois,
Qu'elles soient païennes, musulmanes,
juives ou chrétiennes.



Vos temples et vos bordels se valent.
Loin de moi, Ô genre humain!
Puissé-je rester sous terre et ne pas me lever
Quand Dieu vous appellera à la résurrection!



Quant à la certitude, elle n'existe pas.
L'apogée de mes efforts se trouve
Dans l'intuition et les pressentiments.



J'ai poussé loin mes recherches
Et mes investigations.
J'affirme, malgré cela,
Que je suis perdu et ignorant.



Le mensonge a détruit
Les habitants de la terre.
Leurs descendants se sont groupés en sectes
Qui ne peuvent fraterniser.
Si l'inimitié n'avait été dans leur nature,
Dès l'origine,
Mosquée, église et synagogue
N'auraient fait qu'une.



La vérité est soleil recouvert de ténèbres -
Elle n'a pas d'aube dans les yeux des humains.



La raison, pour le genre humain
Est un spectre qui passe son chemin.



Foi, incroyance, rumeurs colportées,
Coran, Torah, Évangile
Prescrivant leurs lois ...
A toute génération ses mensonges
Que l’on s’empresse de croire et consigner.
Une génération se distinguera-t-elle, un jour,
En suivant la vérité ?



Deux sortes de gens sur la terre :
Ceux qui ont la raison sans religion,
Et ceux qui ont la religion et manquent de raison.



Tous les hommes se hâtent vers la décomposition,
Toutes les religions se valent dans l'égarement.



Si on me demande quelle est ma doctrine,
Elles est claire :
Ne suis-je pas, comme les autres,
Un imbécile ?




La mort

Ce séjour n'a que trop duré.
Il est temps que le désert de mon corps
S'empare de lui
Dans une étreinte absolue.



Mon sommeil - mort suivie de résurrection.
Ma mort - sommeil interminable.



Je n'a pas choisi que ma lampe s'éteigne,
Mais l'huile a trahi l'allumeur.



L'homme est un voyageur
Dont le but est la tombe.
Sa randonnée se poursuit
Jusqu'à ce qu'il l'atteigne.



Bientôt la mort viendra me libérer,
Car je suis dans les chaînes,
Captif, prisonnier.



Nous naviguions sur les années,
Grand large était l'éternité,
Mais aux vagues,
Nos vaisseaux n'ont pu résister.



Autres pensées

Les hommes sont paroles du temps,
Il est inévitable qu'elles subissent
modification et changement



Les destins m'ont dépassé sur la route et s'en sont allés.
Me voici éternel, à en lasser l'éternité.



Dans l'exil et l'éloignement,
L'homme est à l'image d'une étincelle
Se séparant de son feu.
Si elle tombe sur une terre lisse,
Elle te montrera son extinction.
Si elle rencontre des brindilles,
Tu verras son embrasement.



O homme, tu es pareil à la fourmi
Levée de bon matin pour chercher
Un grain de blé à traîner.



Le temps est un oiseau qui prend l'espace -
Attrape-le! Toute la sagesse tiendra dans ta main.



c'est au milieu de la foule
Que je m'ensauvage -
Ma solitude n'est autre
Que livre de mon humanité.



Ces nuits nous emportent
Comme vaisseaux au large
Naviguant sans amarres.



Comme si la tristesse n'était que cendres
Répandues sur ton front,
Mais c'est ton cœur qui brûle.



La pensée est une corde.
Si on en saisit un bout,
Ce même bout sera relié
Aux pléiades.



La pensée voit que la lumière
Est créée dans l'éternité
Et que l'essence du temps n'est autre
Que son obscurité.



Des gens prétendent diriger leurs semblables,
Cette direction, pour moi, est tyrannie.


Postface par Adonis
Pour saluer al-Ma'arri

Son enfance était une amitié entre sa canne et le chemin, et l'obscurité était mémoire pour ses pas. Plus tard, il réunit la parole à l'espace et mêla leurs visages. De même, il apprit que la mort était son unique jardin.

...

Comment peux-tu, Ô épi,
Refuser la longue marche du grain de blé ?

...

Dans le passé, tu étais aveugle,
Mais maintenant tu es avenir,

...

Tu ne te préoccupes guère de ce que l'on appelle «les vérités», mais plutôt de découvrir les instants du néant, du doute, de l'incertitude ...

...

La mort est la fontaine de cet homme-narcisse.


Par Athée, - Publié dans : Œoeuvres
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Dimanche 22 juillet 2007

Persepolis
Marjane Satrapi
esquisse le régime des ayatollahs.


Persepolis est un film d'animation en noir et blanc de Marjane Satrapi et Vincent Paronnaud.
Avec les voix de Catherine Deneuve, Chiara Mastroianni et Danielle Darrieux...

La dessinatrice française d'origine iranienne a adapté sa bande dessinée autobiographique en un suberbe film d'animation. Il retrace la vie de Marjane, née à Téhéran, qui a grandi sous la chute du chah puis l'instauration de la République islamique et la guerre Iran-Irak.

C'est l'histoire d'une attendrissante  adolescente, contrainte de
s'exiler et qui a grandi et mûri trop vite.




Cette rencontre avec les bouleversements historiques est traitée avec sobriété. Le récit est émouvant, chargé d'humour et le tout est enrobé dans un graphisme raffiné et plein de charme; une totale réussite artistique.

Tout en étant impertinent (Le film courrouce à peine les mollahs) le bout du crayon n'est pas très acerbe et le manque d'engagement politique se fait cruellement sentir. Un  engagement à minima sur le terrain des droits de l'homme n'était pas incongru car de nombreuses exécutions barbares sont encore pratiquées régulièrement.

Voici quelques sites traitant du sujet.

L’ Iran possède l’une des civilisations les plus anciennes du monde. C'est un pays d'une  richesse culturelle et d'un raffinement qui ne mérite pas l'obscurantisme moyenâgeux dans lequel il baigne.

Beaucoup d’ Iraniens se considèrent à raison comme les fiers dépositaires d’une culture millénaire et sophistiquée.

Picture of painting from Hasht-Behesht palace, Isfahan, Iran, from 1669. Wikipédia (Photo de User Zereshk)

Marjane pour le prochain opus il faudra poursuivre artistiquement mais s'engager plus résolument pour ne pas être traitée de «fausse opposante».

Je vous encourage à relire/écouter le poème de
Léo Ferré : «Préface»



La poésie contemporaine ne chante plus ?
Elle rampe

Elle a cependant le privilège de la distinction ?
elle ne fréquente pas les mots mal famés ?
elle les ignore

[...]

Le poète d'aujourd'hui doit appartenir à une caste

à un parti
ou au Tout-Paris
Le poète qui ne se soumet pas est un homme mutilé
La poésie est une clameur.

[...]

Les plus beaux chants sont les chants de revendications

Le vers doit faire l'amour dans la tête des populations.

À l'école de la poésie et de la musique on n'apprend pas

On se bat !


Ainsi, l'esprit de la liberté s'acquiert par la résistance.

Pour en savoir +
«Cette BD et ce film ne sont pas destinés aux iraniens mais à ceux qui ne connaissent rien de l’Iran. Ils les trompent, en leur dressant l’image d’un régime qui évolue doucement dans le bon sens. Son objectif est de tuer les urgences et que les lecteurs jeunes et généralement de gauche de BD deviennent méfiants vis-à-vis des récits horribles que les exilés leur racontent sur l’Iran.»


Par Athée - Publié dans : Œoeuvres
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Samedi 21 juillet 2007
source vocale jaillissante.

«Volta», le nouvel album de Björk est un cocktail d'alcool sec. De type «Tequila sunrise» (à l' instar de la pochette) pour l'exubérance des morceaux rapides et d'un «Blue Lady» d'une mer curaçao pour les plages intimistes. Vocaliste hors pair, Björk n' est pas l' ovni ( Organe de Vocalise Non Identifiable ) mais bien une aurore boréale.


Imaginez, nous sommes sur la glace polaire, des nuages de gaz s'enflamment pour déchirer le ciel nocturne...



L'artiste a également des positions intéressantes sur l'univers aseptisé de la pensée religieuse.

Prenez donc ce dernier cocktail «Blue devil» à déguster sans modération.



«LES ATHEES, DEVRAIENT S'UNIR ET TUER UN MILLION DE GENS, HISTOIRE QU'ON NOUS REMARQUE»


Voici quelques extraits d'un entretien accordé au journaliste Alyz Tale du magasine Rock & Folk. Numéro 477 Mai 2007



«Je trouve cette suffisance religieuse très fatigante. S'imaginer que l'on peut vivre sans la nature, sans son corps et simplement être dans cette boîte intellectuelle où on peut trouver des arguments sans fin, mais pas de solutions. C'est très égoiste. Je me disais que peut-être les gens comme moi, les athées, devraient s'unir et tuer un million de gens, histoire qu'on nous remarque (rire), ce serait tellement ridicule ! tu imagines ?  il n'y a pas de raison, personne ne parle de nous dans les journaux, nous aussi on veut passer sur CNN (rire) ! Bon d'accord, c'est une mauvaise blague ! mais bref, ce que je veux dire, c'est que peut-être cet album est une tentative de rappeler aux gens qu'au final, on est une tribu d'humains. Peut-être aussi que je suis fatiguée des religions qui détiennent la spiritualité. Chacun à sa propre spiritualité, sa propre transe, ce peut être ne dansant, pour certains c'est en buvant beaucoup, et le jour d'après on a honte, on ne se souvient de rien, il y a sentiment de culpabilité, peut-être que dans cet album, j'essaie d'aller à cet endroit où l'on n'a pas le droit d'aller. Mais ce n'est qu'une tentative, je ne dis pas que j'ai réussi ...»

«Dans l'album il y a une chanson qui parle de régler son horloge sur celle de la lune. Il y a treize lunes dans une année et les femmes, treize fois par an, deviennent heu ...rouge, mais la religion est contre cela et ils ont décidé de 12 mois ! Le chiffre 13 est devenu mauvais mais c'est le chiffre de la moitié de l'humanité, les femmes ! et eux te disent : «non maintenant on va vivre sans la nature, sans les femmes» quelle arrogance ! j'habite à Manhattan, je ne sais pas si c'est la même chose ici mais là-bas, quand on prend l'ascenseur, il n'y a pas de treizième étage, c'est dingue ! Une part de moi essaie ici de réveiller cette ancienne Mère nature. C'est aussi une sorte de comédie à mes yeux, un peu comme ces films d'horreur avec des zombies. la Mère nature qui se réveille après des milliers d'années de religion qui la tue. Elle va dans tous les asenceurs avec un stylo et écrit 13 partout ! Et elle règle leurs horloge sur la lune (rire). Bon je plaisante mais tu vois ce que je veux dire ...»



Björk raconte Volta sur lesinrocks.com
Jean-Daniel Beauvallet 23 avr. 2007


Sur Volta, tu collabores avec le Malien Toumani Diabaté et le New-Yorkais Antony ?


J'écoute Toumani Diabaté depuis des années, notamment l'album New Ancient Strings, un mélange plutôt cradingue entre les cordes, les rythmes tribaux, les cuivres, la kora ... Ça m'avait déjà influencée sur Vespertine, où j'avais sali le son des instruments trop angéliques, comme la harpe ou le glockenspiel... Sur Volta, j'ai utilisé trois instruments à cordes : un ancêtre médiéval du clavecin, un luth très ancien de Chine et la kora africaine... Des instruments au son très vibrant, jamais très net, jamais clinique. Quant à Antony, nous avons des amis communs à New York et nous avons déjà chanté ensemble en Islande.


Sur Medúlla, tu écrivais «Ni Bush ni Ben Laden». Tu le ressens de manière encore plus urgente aujourd'hui ?

Ça fait quatre mille ans qu'on nous terrorise avec ces religions organisées ! La Terre existe depuis plus de quatre milliards d'années, elle peut quand même se défendre contre ces minuscules quatre mille ans... Cette idée selon laquelle on ne peut vivre qu'aux ordres de l'hémisphère gauche du cerveau, en négligeant totalement sa partie animale, païenne, physique, naturelle est absurde. Comment a-t-on pu à ce point négliger la nature pour se laisser embobiner par la Bible ou le Coran ?
[...]
Nous sommes fondamentalement des païens, il va falloir le prendre en compte.

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«Chanter équivaut à descendre une colline en glissant»
Par Gilles RENAULT
samedi 14 août 2004 (Liberation)


«J'aime envisager la musique comme un immense territoire d'expérimentation où il est possible d'évoluer plus librement que dans la vie quotidienne. En ce sens, elle est la porte ouverte sur un monde abstrait dont je ne pense pas qu'il faille forcément chercher à délimiter les contours.»

La religion entre-t-elle dans ce champ ?

«Le principe même de conviction religieuse est pour moi néfaste. Il renvoie nécessairement à la coercition, à l'obéissance. Or je préfère croire à l'autodétermination là où tout culte tend à priver l'individu de ses facultés intuitives les plus élémentaires. L'idée qu'un livre écrit il y a deux mille ans puisse servir, encore aujourd'hui, de mode d'emploi existentiel me paraît pour le moins étrange, voire saugrenue. C'est tellement plus gratifiant de découvrir les choses par soi-même.

[...] les groupes d'amis avec lesquels j'ai commencé à sortir à la fin des années 70 étaient fortement imprégnés de surréalisme. Mais un surréalisme à la mode islandaise, c'est-à-dire en relation avec la nature, moins intellectualisé que sur le continent, et combiné à l'essor du mouvement punk. De ce curieux alliage est née une identité artistique passant notamment par l'usage de l'islandais au lieu de l'anglais...

Je me souviens ainsi de débats sans fin, souvent arrosés, avec des amis, sur la nature exacte d' André Breton, pur génie ou personnage juste très intelligent. Avec l'arrogance de mes 16 ans, sans gros bagage littéraire, j'ai sans doute dû dire tout et son contraire avant de commencer à tracer ma propre voie.»

Lire l'intégralité de l'article
 


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Par Athée - Publié dans : Atheisme
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Jeudi 19 juillet 2007
Eva Joly - La Force qui nous manque Eva Joly, de son nom de jeune fille Gro Eva Farseth (née à Oslo), est une magistrate française (en retraite) célèbre pour avoir instruit de gros dossiers contre la corruption (l'affaire Elf).

En 2006, le cinéaste Claude Chabrol s'est inspiré de l'affaire Elf et de la vie d'Eva Joly pour son film L'Ivresse du pouvoir. Eva Joly a critiqué le film comme « un petit théâtre de mœurs, qui conforte chacun dans l'immobilisme ». Pan sur le bec. Pourtant j'ai aimé le film et la magistrale interprétation d' Isabelle Huppert ( Une discrétion sur sa vie privée, loin du Star-stystem et pourtant, une large gamme d’interprétations, une carrière gouvernée par l' exigence et une filmographie prestigieuse. Voici probablement notre plus grande actrice).

Revenons à Eva. Son dernier livre. La Force qui nous manque (éditions Les Arènes, mai 2007) est un témoignage vécu, mêlant le récit intime, les anecdotes et les réflexions sur la corruption. Une bouffée d'air pur à partager largement dans  ce climat insalubre.
Les pseudoJournalistes de la pensée unique, [ dont l'air est appauvri en oxygène dans leurs salles de rédaction aseptisée à l'anecdote ] ne vont pas nous indiquer le trop plein de gaz carbonique économique. Celui qui souhaite savoir doit s'informer entre autres auprès de nos magistrats intègres et ne rien attendre des lessives du 20 heures.
Soutenons cette grande dame en partageant ses écrits et,  préparons nous au «réveil collectif».


Il faut imaginer les amphibiens qui voulaient se faire aussi gros que le bœuf. Voici quelques morceaux de choix épinglées par Eva Joly. J'ai pimentées ces quelques grenouilles du bénitier des affaires  mais bien évidemment la liste n'est pas exhaustive.

  • Le Léotard, (pas le grand Philippe non! juste le frère : François );
  • le Bernard Tapir, ( Un Mammifères périssodactyles cératomorphes tapiridés qui vécut sur le Phocéa, dans les marécages et autres hôtels particuliers. A ne pas confondre avec le bernard-l’hermite qui s'abrite dans les coquilles vides de nos gastéropodes );
  • Le Loïk le Floch-Prigent, ( celui qui a découvert les quatre étoiles de la santé et qui penaud retrouve la liberté pour raison de santé );
  • et le Dumas, non pas l' Alexandre non, juste le précieux et ridicule joueur de chaussure; le tout petit Roland Dumas.
  • ...


(Petit traité d'énergie)


J'ai quitté la France. Je suis partie parce que je ne voulais laisser à personne les moyens et le temps de se venger.
[...]
La France m'a dégrisée, dévoilé l'envers du décor. L'instruction fit mon instruction.
[...]
Mon combat n'était plus apprécié nulle part, j'avais senti, au fil des années d'instruction, l'hostilité s'installer, contaminer les journaux, les cercles économiques, et même les couloirs de la magistrature à laquelle j'appartenais.
le bureau que j'occupais sous les toits  du Palais de Justice à Paris fut pour moi comme un trou de serrure : j'y ai entrevu un univers parallèle où circule tout l'argent qui manque cruellement de l'autre côté de la porte, de ce côté-ci du monde. La Norvège a fait de moi un électron plutôt libre de sa diplomatie, elle m'a chargée d'une mission contre la corruption. Je ne suis plus un juge qui traque le détail, je ne débarque plus à 7 heures du matin pour entrer chez les gens sans y être invitée, j'arpente désormais les ministères, les conférences, les bureaux présidentiels, les allées de l'ONU ou de la Banque Mondiale.
[...]
Loin de Paris, j'ai la confirmation que l'élite française n'est qu'un club qui ne fait plus évoluer le monde.

(Des amitiés bâties sur du noir)

Tony Blair admettait cyniquement que la réalité du monde était la corruption.
[...]
Les pots-de-vin ne profitent jamais aux populations d' Asie ou d'Afrique, ils atterrissent dans nos banques via les paradis fiscaux. Les lointains despotes y sont de respectables clients. En prétendant sauver ici des emplois, ou veiller sur le prix de l' essence à la pompe, on maintient là-bas des régimes assis sur la misère, cette longue mèche d'un monde explosif.
[...]
La dernière réunion du network a eu lieu à Paris en février dernier, c'était la cinquième. Je dois dire que j'ai aimé sentir frémir «L'internationale des juges» en ce pays qui n'aime pas les magistrats trop curieux.

(Les invulnérables)

L' infiniment grand a rétréci. L'imposante bâtisse de la justice, naguère si vaste, si méprisante et autoritaire pour qui comme moi n'était pas du sérail, me paraît soudain poussiéreuse, toute petite et sans armes face à la délinquance financière depuis longtemps mondialisée. Son parquet est vieux. Il craque. Son prestige se lézarde. Son protocole entretenu à coups de grade et de notes n'est que la devanture d'une institution soumise, qu'on somme aujourd'hui de condamner quand la jeunesse s'échauffe, mais qu'on somme de se taire quand elle ébranle les hautes sphères de la République. La banlieue brûle, c'est la faute aux juges trop laxistes. L'élite vacille sous le poids des secrets et des arrangements révélés, mais pour qui se prennent ces juges qui sèment la pagaille ?
[...]
Et je sens toujours sur moi le regard trop confiant des tout-puissants convoqués là. Rien ne pouvait leur arriver. Ils avaient gagner tant de batailles politiques et financières, connu tant de détournements, ils étaient devenus si importants... Ils n'avaient pas tort avec leurs certitudes, car rares étaient alors les dossiers ayant abouti à des condamnations. L'affaire Elf fut l'une des rares menées jusqu'au bout. Mais combien ont purgé leur peine ? Combien ont payé leurs amendes ? Combien ont été redressés par les services fiscaux ? Le grand édredon des élites françaises a amorti les coups. La République sait distriuer les passe-droits, les coups de pouce et les aides fraternelles.

(Justice pour l'Afrique!)

Ce que les pays riches accordent d’une main hésitante, les grandes entreprises, les banques, les intermédiaires, les experts et les fonctionnaires internationaux le reprennent de l’autre, beaucoup plus fermement. Pour un euro donné, les pays étrangers en retirent deux de la terre africaine.
[...]
La Norvège parle développement, démocratie, transparence. Ils ne vont pas l'un sans l'autre, et ce ne sont pas des mots. Tant que la corruption domine, assise sur des régimes vassalisés, des milliards de dollars continueront de fuir l’Afrique. Et l’on pourra toujours vacciner, alphabétiser, creuser des puits, à tour de bras, la situation ne changera pas.
[...]
Lorsque je voyage en Afrique, je n’entends que ressentiment et plainte vis-à-vis de la France. Où que j’aille je bute sur l’histoire coloniale. Elle est partout dans le paysage africain...
[...]
Pourtant au fil de mon enquête, j'ai découvert un monde souterrain. Magistrate, limitée par le cadre de ma saisine et des compétences nationales, je devais m’arrêter sur le seuil de certaines portes, qui menaient vers l’étranger. Je découvrais des chemins qu’il aurait été passionnant de remonter, des connexions qui m’ ahurissaient. Avec des chiffres, des comptes, nous avions sous nos yeux le déchiffrage d’un vaste réseau de corruption institutionnalisé, dont les fils étaient reliés en direct à l’ Elysée
[...]
Les positions ont sans doute variées, les techniques de camouflage se sont sophistiquées, mais le système est là : les tyrans sont des amis, que la France a placés au pouvoir et dont elle protège la fortune et l’influence par de vastes réseaux de corruption; en échange ils veillent sur les intérêts et les ressources des entreprises françaises venues creuser le sol. Tout ce beau monde a intérêt à ce que rien, jamais, ne stimule ni les institutions ni l’économie des pays.
[...]
L'argent s'est perdu en route. Il est justement fait pour cela. Il ne s'agit pas d'une dérive mais d'une organisation cohérente et raisonnée.
[...]
L'argent, là aussi, n'a pas été perdu pour tout le monde. C'est un miroir dans lequel il ne faut pas trop souvent regarder les élites françaises.
Depuis que j'ai ouvert le dossier Elf, ... J'ai appris en marchant. A l'arrivée le tableau est effrayant.
[...]
Pourquoi des journalistes réputés ... des partis politiques et des ONG, par ailleurs si prompts à s'enflammer, n'ont-ils rien voulu voir ?
Je ne condamne pas. J'ai partagé cet aveuglement. J'étais comme eux, avant de glisser l'œil dans le trou de la serrure ...
[...]
Là-bas, c’est normal la corruption, le népotisme, la guerre, la violence. Là-bas c’est normal la présence de l’armée française, les proconsuls à l’ambassade ou à l’état-major, les camps militaires ... Là-bas, c’est normal la captation des richesses naturelles. ... Jeune ou vieux, de gauche ou de droite, nul Français ne songe à s’offusquer de voir nos soldats mener chaque année , une opération militaire en Afrique ... quand tous se gaussent de cette Amérique venue faire la police en Irak. en maquillant d'un fard démocratique les intérêts géopolitiques et pétroliers de Washington. Il y  pourtant bien des symétries.
[...]
Il est à la mode parmi les intellectuels français de se plaindre du mouvement de repentance qui s’est répandu depuis quelques années. Les bienfaits de la colonisation, à inscrire dans les manuels scolaires, ont même fait l’objet d’une proposition de loi, largement soutenue par les députés.
[...]
La république française paie aujourd'hui la facture de son passé.
[...]
La France vit encore comme si en Afrique elle était chez elle, et comme si, sur son sol, ses enfants d’ascendance africaine n’étaient pas français. Le développement de la Françafrique, notre tolérance vis-à-vis des réseaux, tout ramène à ce secret colonial, à cet empire qui hante les esprits comme un fantôme.
[...]
La République a contracté une dette qu'il faudra bien honorer. Notre prospérité est nourrie de richesses que nous détournons. A certains de ces sans-papiers qui risquent leur vie pour gagner l'Europe, il pourrait être versé une rente au lieu  d'un avis d'expulsion. Je rêve, pour ce pays que j'aime, d'un réveil collectif.
Une France digne de son idéal et de son héritage de 1789 est incompatible avec la Françafrique : ce qu’une génération a fait, une autre peut le défaire. C’est possible.
[...]
S'IL FAUT UNE CIBLE, DÉSIGNONS LES PARADIS FISCAUX
[...]
Nous connaissons la corruption du Nord, profitant des faiblesses du Sud...Mais les nouveaux venus dans le jeu économique, avec des flux gigantesques de Chine, d' Inde, du moyen-Orient, de la Corée, du Brésil ont tous un point commun : La tolérance à la corruption. Pis encore, l'appétence pour elle. La Chine, ... pratique un capitalisme de masse sans avoir renoncé au verrouillage communiste et aux usages mandarins.... L'édifice occidental ignorait la pauvreté jusqu'à ce qu'elle soit synonyme de pression migratoire, il faisait tranquillement et brutalement ses provisions de pétrole jusqu'à ce qu'il découvre l'insécurité énergétique. Il faut saisir ce moment de doute.



Pour aller plus loin
avec www.subversiv.com :

Offrez-vous  :
  • La Force qui nous manque  (mai 2007) «La force nous manque trop souvent pour bousculer l'ordre des choses dans notre vie ou dans les affaires publiques. J'aimerais que ce livre soit pour ses lecteurs ce qu'il a été pour moi : un petit traité d'énergie et d'orgueil féminin.»
  • Est-ce dans ce monde-là que nous voulons vivre ? (Juin 2003) «Nous ne pouvons pas laisser la corruption se répandre au cœur du pouvoir. Des hommes et des femmes, à travers le monde, ont accepté de porter ce combat avec moi : c'est la Déclaration de Paris. Demain, si nous le voulons, il sera possible d'empêcher d'autres affaires Elf.» Aussi ce récit est-il un livre d'espoir.

  • Notre affaire à tous. (Juin 2000) Elle (Eva Joly) est devenue le symbole d'une Justice qui cherche l'égalité devant la loi et ne garantit plus l'impunité aux puissants.
Par Secticide - Publié dans : Société
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Mercredi 23 mai 2007
Jésus camp : Un documentaire qui fait froid dans le dos !

Un film de Heidi Ewing & Rachel Grady nommé à l'Oscar du meilleur documentaire cette année, Jésus Camp a été balayé par Une vérité qui dérange d'Al Gore.
C'est la mère de l'un des enfants qui ne va pas à l'école qui affirme que «la science ne prouve rien». Cette autre mère qui nous dit : «Il y a deux sortes de gens : ceux qui aiment Jésus et ceux qui ne l'aiment pas». Puis des adultes militants dociles de «Pro-life» (contre l'avortement) qui font leur marché parmi les jeunes pousses.
Les familles présentes dans ce film représentent une force électorale influente qui soutient les conservateurs les plus radicaux des États-Unis.

«Dans ce vieux monde malade les enfants peuvent  changer le monde»
Le Pasteur Becky Fischer forme des enfants âgés d'une dizaine d'années à devenir des soldats du Christ. Elle explique qu'à cet âge on peut faire croire n'importe quoi à un être humain, que cela restera toujours gravé dans son cerveau.  Elle prêche exclusivement pour les enfants et a fondé un camp de vacances et d'endoctrinement car ces jeunes sont pour elle l'arme d'avenir d'une nouvelle guerre qui fera triompher les dogmes des évangélistes.

Notre brave Becky, assume et compare même son camp à ceux des extrémistes islamiques: «Sur 6 milliards de personnes, ll y a un tiers d'enfants de moins de quinze ans. C'est là dessus que l'on doit se concentrer. Nos ennemis le font déjà. Je veux voir nos jeunes aussi engagés dans la cause de Jésus que les jeunes musulmans le sont pour l'islam. Je veux qu'ils soient prêts à donner leur vie pour l'évangile, parce que nous détenons la vérité

Les enfants inscrits dans ces camps d'été évangéliques y subissent un véritable lavage de cerveau. Les adultes leurs apprennent l'intolérance. L'homosexuel, l'étranger et l'autre (d'une communauté religieuse différente) sont rejetés. On leur fabrique une carapace schizophrénique. Plus aucun dialogue n'est possible hors de cette communauté et bien évidemment tous les teenagers du camp veulent devenir missionnaires.

Dans cette société les loupiots sont continuellement soumis aux pressions et un discours haineux les broie et les culpabilise. Harry Potter doit mourir (car un héros sorcier est sacrilège), ils vénèrent George W. Bush, le leader de leur pays, et embrassent son effigie en carton-pâte. Ils sont en guerre contre toute personne qui penserait différemment et il faut convaincre les gens d'épouser la voie du seigneur. Même les éducateurs chassent les démons des équipements électroniques qui serviront au cours de l'été.

Ces chrétiens évangéliques ont des valeurs ultra-conservatrices très proches de l'islam radical.  Ils enseignent le créationnisme, (
le créationnisme constitue une croyance fondamentale des trois principales religions monothéistes judaïsme, christianisme et islam. Il s'agit de la théorie qui trouve ses origines dans le livre de la Genèse (Genèse 1.27 : Dieu créa l'homme à son image, il le créa à l'image de Dieu, il créa l'homme et la femme.) et qui s'oppose à l'évolutionnisme. Selon eux Dieu aurait créé l'univers il y a environ 6 000 ans. ++ avec WikiPédia ), ils veulent l'abolition de l'avortement et prônent l'avènement de temps meilleurs en justifiant la Guerre Sainte. Le but ultime est la mise en place d’un état théocratique en Amérique. 

Cet obscurantisme religieux est en train de gangréner l'Amérique. D'après ce documentaire les évangélistes représentent 25% de la population des USA soit près de 80 millions de personnes. L'Association Nationale d'Évangélistes représente à elle seule plus de 30 millions d'individus.


Télérama n° 2991 - 12 Mai 2007
: Saisissante plongée dans le monde des évangélistes américains, et surtout des enfants, qu'ils embrigadent dans des camps de jeunesse. Au programme, prière, larmes, transe, endoctrinement spirituel et politique. Avec une délicatesse peu commune, les deux auteurs de ce documentaire, Heidi Ewing et Rachel Grady, montrent les horreurs de la manipulation, les dangers du fanatisme religieux et de son influence croissante aux Etats-Unis, sans pour autant déshumaniser ou cari­caturer ceux qui y participent. Un film exceptionnel.


Regardez Jésus Camp pour constater une nouvelle fois la face cachée d'un mouvement religieux qui prône l'amour d'un côté et enseigne la haine et la guerre de l'autre. Toutes les religions sont des sectes qui ont pris un pouvoir illégitime. Quand elles paraissent plus modérées c'est que des hommes courageux se sont opposés à leurs dessins.
Quand une majorité d'individus comprend qu'elles sont  dangereuses l
eurs pouvoirs baissent.
Mais lorsque la société baisse sa garde et  les laisse libres de proférer leurs vérités divines et éternelles un coup de vent irrationnel les faits ressurgir avec leurs tissus de stupidités anachroniques.

Une arme efficace contre ces charlatans est l'éducation dans un esprit critique et l'apprentissage du doute. Et si les religions doivent être enseignées c'est en qualité de reliques et sous l'œil averti du rationaliste. De même
l’athéisme devrait être expliqué dans le cadre des émissions religieuses de dimanche matin à la télévision publique .


«Les dommages causés sur le psychisme d'enfants ou d'adolescents sont souvent irrémédiables et le caractère odieux de l'exploitation de leur vulnérabilité doit constituer, pour tous les services en charge de la protection de l'enfance, un motif de détermination sans faille dans la vigilance et la lutte contre les dérives sectaires qui visent cette population.
L'enfant est sujet de droit et non objet de droit.»  Rapport Milvitude 2005

 
Dernière nouvelle
Dieu a invité le télévangéliste ultraconservateur américain, Jerry Fallwell (Le diaboliseur de service) à le rejoindre. Il est décédé de troubles de la conduction cardiaque ; un problème de cœur ça ne s'invente pas !

Pour
le commentaire qu’il a fait au lendemain des attentats du 11 septembre 2001 : «Les athées et les partisans de l'avortement, les féministes, les gays et les lesbiennes... tous ceux qui ont voulu séculariser l'Amérique... sont en partie responsables.»

«Le concept de réchauffement de la planète a été inventé dans le but de détruire notre système économique.»

« Le sida n'est pas seulement le résultat de la colère de Dieu contre les homosexuels. C'est le résultat de la colère de Dieu contre les sociétés qui acceptent les homosexuels.»

«Je rêve du jour où il n'y aura plus d'écoles publiques dans mon pays. Les églises les remplaceront, et elles seront dirigées par des chrétiens.»

«Comme les esclaves et les soldats, les chrétiens devraient obéir aux ordres sans poser de questions.»

«L'idée que la politique et la religion ne devraient jamais être liées a été inventée par Satan dans le but d'empêcher les chrétiens de diriger le pays.»

toutes ces déclarations et bien d'autres
nous le remercions d'avoir débarrassé le plancher depuis le 15 Mai.

Pour une fois que dieu fait son boulot, applaudissons.

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Par Secticide - Publié dans : Société
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